Depuis que la douche s’est agrandie, on est amené à marcher sur le receveur, qui peut être glissant une fois mouillé. Deux indicateurs normés, PN6 à 24 en France et Classe A à C en Allemagne, informent sur le caractère antidérapant des receveurs, en définissant la résistance à la glissance.
La résistance à la glissance des receveurs de douche, quel que soit leur matériau, est mesurée, comme celle des revêtements de sol et autres surfaces piétonnières, selon le dispositif du plan incliné décrit dans les normes NF P05-011 ou NF XP CEN/TS 16165.
Méthode de mesure de la résistance PN à la glissance
Voici le mode opératoire : une personne se tient, pieds nus (PN), sur le receveur (ou le revêtement carrelé) mouillé avec de l’eau savonneuse. Le receveur est progressivement incliné, jusqu’à ce qu’elle glisse, faute d’adhérence. On mesure alors la valeur de l’angle d’inclinaison. Cinq essais sont réalisés avec deux personnes de corpulence différente, le résultat étant la moyenne obtenue pour chacun d’eux, puis entre les deux.
Equivalences entre les normes NF, PN et DIN 51097

La norme norme DIN 51097 utilisée par l’industrie allemande et la norme PN sur laquelle les fabricants français s’appuient sont équivalentes du point de vue du mode opératoire. Mais, côté allemand, on parle de classes A, B ou C.
Des receveurs de douche plus ou moins antidérapants
Les propriétés antidérapantes des receveurs de douche sont caractérisées en fonction de l’angle d’inclinaison mesuré lors du test :
→ PN6 lorsque l’angle est compris entre 6 et 12° (adhérence minimale, qui n’a pas d’équivalent dans la norme allemande).
→ PN12 ou Classe A lorsque l’angle est compris entre 12 et 18° (adhérence moyenne).
→ PN18 ou Classe B lorsque l’angle est compris entre 18 et 24° (adhérence élevée).
→ PN24 ou Classe C lorsque l’angle est supérieur à 24° (adhérence forte).
Choisir le bon classement antidérapant pour la douche
Une bonne sécurité est assurée avec un receveur antidérapant PN18 (ou classe B). C’est d’ailleurs ce qui est recommandé pour les sols carrelés des pièces d’eau, intérieur de la douche compris, dont le caractère antiglisse répond à la même norme, le niveau supérieur, soit PN24, étant plutôt destiné à l’industrie. Néanmoins, si un receveur PN 24 existe, il serait dommage de s’en priver.
Le classement antidérapant annoncé par le fabricant est-il bien réel ?
Les fabricants (et metteurs sur le marché) indiquant un PN devraient être en mesure de fournir un rapport d’essais de détermination à la glissance, réalisé à leur demande par un laboratoire indépendant, CSTB ou SFC par exemple[1]. Mais tous ne font pas effectuer ces tests (payants), la plupart se basant sur leurs propres essais. Si le fabricant du receveur est connu, il engage sa réputation et l’on peut se fier à lui, s’il ne l’est pas du tout, on peut être méfiant.
Classement antidérapant du receveur et nettoyage
Il est habituel de dire que plus le receveur de douche est antidérapant, plus son nettoyage est difficile… Ce n’est pas tout à fait le cas. Les receveurs dont la surface est émaillée (céramique, acier ou fonte), donc vitrifiée, deviennent antidérapant par ajout, dans la dernière couche d’émail, de grains de corindon, qui rendent la surface rugueuse. Dans ce cas, les saletés accrochent, mais sont aisément évacuées à l’aide d’une brosse.
Sur les receveurs en matériaux synthétiques, les propriétés antidérapantes s’activent au contact de l’eau. En l’absence de rugosités, le calcaire adhère peu, mais la surface est moins dure, au point que l’usage de l’éponge grattante est parfois interdit. D’où l’importance de bien lire la notice d’entretien des receveurs en résine de synthèse.
Photo : test de résistance à la glissance des bacs à douche à l’usine de Kinedo.
[1] CSTB, Centre scientifique et technique du bâtiment, SFC, société française de céramique.
Note : cet article, initialement publié en janvier 2017, a été remis à jour en décembre 2022.

















