Lancé lors du salon de Las Vegas, le chauffe-eau H1 de SuperHeat, qui est aussi un mineur de bitcoins, propose de valoriser la chaleur habituellement perdue – celle que les processeurs génèrent durant leurs calculs – pour la transformer en gains. Récupérée, elle permet de fournir de l’eau chaude sanitaire et… de potentiels revenus mensuels.
Pour chauffer l’eau sanitaire, le H1 de la société SuperHeat (USA, Canada) récupère l’énergie qu’il dégage en réalisant nuit et jour les calculs complexes qui sécurisent les données et les transactions sur le réseau bitcoin, la traditionnelle résistance électrique ayant été remplacée par des puces de minage ASIC. Mais à la récupération d’énergie thermique s’ajoutent les bitcoins reçus en échange du minage. L’énergie nécessaire pour protéger la blockchain de la fraude, habituellement perdue, devient ainsi « une valeur mensuelle mesurable ». A la clé, un impact carbone réduit et une promesse de rentabilité sur le long terme. De quoi, du moins en théorie, réduire ou compenser une partie des coûts de production de l’eau chaude sanitaire. Lesquels seraient donc corrélés au cours, particulièrement volatile, de la cryptomonnaie, et aux prix de l’électricité selon le pays d’installation. Serait-on vraiment en passe de gagner de l’argent en se douchant ?
Annoncée pour mars prochain autour de 2 000 dollars, cette ingénierie de pointe serait a priori la première à être commercialisée sur le marché domestique en tant que produit grand public. Mais d’autres développements ont déjà vu le jour sur ce créneau, liant le chauffage à la blockchain et à l’optimisation des watts consommés par la réalisation de taches informatiques intensives. En 2022, Tresorio (France) a dévoilé MinIT, un autre prototype de chauffe-eau alimenté par l’énergie du Bitcoin, destiné notamment aux particuliers.
Dans le registre du chauffage, notons que l’un des pionniers de l’exploitation des puissances de calcul d’une cryptomonnaie (en l’occurrence l’Ethereum) est le radiateur QC1 de la startup Qarnot (France), connecté à un PC et mis sur le marché dès 2018. Dans différents pays (Finlande, Canada, USA…), des collectivités (bâtiments, serres, quartiers, piscines…) sont déjà chauffées en utilisant la chaleur excédentaire de fermes de minage et autres data centers, plaçant ce concept d’économie énergétique circulaire sur une plus grande échelle. Considérant le boom de l’IA, la conversion du tout numérique en chaleur ne sera bientôt plus seulement utile, mais nécessaire. Dans le futur, les appareils connectés constitueront-ils une (res)source d’énergie (auto-)suffisante ?
Illustrations en ouverture : image générée par IA ; photos SuperHeat H1.
















