Le centre de gravité du bien-être glisse doucement de la relaxation physique et sensorielle à la régulation mentale, désormais ciblée. Un changement de paradigme que confirme le CES 2026 avec des propositions toujours plus holistiques, qui par l’intégration de neuro-technologies, contribue(ro)nt à redéfinir, jusque dans la salle de bains et au spa, la notion de wellness.

Du bien-être classique vers le neuro-wellness
« Un esprit sain dans un corps sain » [2]. Incarnation de l’esprit des thermes antiques, cette formule conditionne depuis des siècles la santé psychique à celle physique, l’une étant littéralement piégée à l’intérieur de l’autre. De là découle sans doute le vieil axiome qui veut que la détente du corps entraîne celle de l’esprit, et non l’inverse. Selon cette logique, dans la définition du bien-être que nous connaissons aujourd’hui, le mental n’est qu’indirectement concerné, corollaire d’un lâcher-prise général qui résulte lui même d’un ensemble de stimuli sensoriels, dont la synergie est cultivée par un cumul de fonctionnalités. Pour des effets démultipliés, la chromothérapie accompagne depuis longtemps l’hydromassage, comme l’aromathérapie participe à l’apaisement dans la vapeur enveloppante du hammam…
Au regard des innovations présentées lors du salon de Las Vegas, le bien-être de l’esprit ne repose plus sur cet effet secondaire, jusqu’alors implicitement espéré. Dans un monde sous tension, la réduction du stress et de l’anxiété sont devenus des objectifs explicites. Pour les atteindre, le wellness ne s’adresse plus seulement aux muscles, mais directement au cerveau, siège de ces déséquilibres du système nerveux !
Du moment off à la routine active
Ce changement n’intervient pas de façon isolée. Dans une salle de bains qui, au sein de l’habitat, s’érige progressivement en citadelle de la santé (si possible) éternelle, les objets connectés assurent déjà un suivi journalier. Un tel espace de santé personnelle répond à une vision holistique, où physique, mental et données de santé multifactorielles interagissent en permanence. Formant un écosystème conversationnel, miroirs, capteurs, balances, pods et autres accessoires portables (wearables) offrent une lecture continue de l’état de la personne.
A l’appui de ces dispositifs conçus pour des usages courts et répétés, la quête du bien-être évolue à son tour. Devenue plus globale, elle ne sera bientôt plus plus la parenthèse isolée, le moment off ponctuel que l’on s’accorde. La dimension de plaisir immédiat – dont la perception est difficilement mesurable au regard de l’expérience, subjective – tend à s’effacer au profit d’une recherche de bénéfices durables : les effets cumulatifs seront détectés, quantifiés et valorisés sur le long terme par les différents indicateurs de mieux-être.
Ainsi, se rapprochant de la prévention santé sans être médicalisé, le wellness du futur se positionne davantage comme une aide à l’individu, lui permettant de mieux fonctionner par la mise en place de pratiques durables, basées sur scénarios d’usage personnalisés qui vont au-delà du confort et du lâcher-prise. Grâce aux données physiologiques et autres recommandations comportementales formulées en permanence par l’IA, le bien-être devient alors moins passif, plus conscient. Associé à un maximum de routines, du réveil à la décompression après une journée de travail, en passant par la préparation à un sommeil réparateur, le bien-être s’installe dans le quotidien. Comme pour la santé, l’utilisateur dispose de clés pour comprendre et piloter sur-mesure son propre bien-être, à l’instar du Longevity Mirror de NuraLogix qui calcule le stress mental.

[1] Evénement annuel porté en France par Interaction Healthcare, qui vient d’avoir lieu à la Station F et accessible en ligne.
[2] Extrait de la 10e Satires du poète romain Juvénal, écrites entre 90 et 127 de notre ère.
Illustration en ouverture : image générée par l’IA.














