Le salon de l’électronique de Las Vegas acte la tendance vers l’automatisation des tâches ménagères. Avec l’arrivée de solutions à usage domestique ou professionnel, la robotique hygiénique entre dans une nouvelle ère. En production et/ou en développement, des machines sont présentées en capacité de nettoyer, sans intervention humaine, des installations sanitaires complexes.
Soyons clairs : peu d’appareils sont conçus pour le seul entretien de la salle de bains. Parmi la pléthore de prototypes farfelus et de produits à visée prospective dévoilés, toutes catégories confondues, lors de l’édition 2026 du CES (plus de 4 000 exposants, près de 150 000 visiteurs), la société Primech AI (Primech Holdings, Singapour) s’est distinguée dans ce registre exigeant et hautement spécialisé avec son robot de nettoyage Hytron, lauréat remarqué du TechRadar Pro Picks Award. Ce prix salue le challenge et conforte ses ambitions : voué à briquer les installations à fort trafic, Hytron (en action, ci-dessus, à droite, en ouverture) brigue un énorme marché, celui de l’entretien des sanitaires. Et, sur ce créneau porteur, un certain nombre d’acteurs se mettent actuellement en ordre de marche.
Hytron de Primatech AI : un agent de propreté 100% autonome

Piloté par une intelligence artificielle, Hytron prend la forme d’un module mobile et autonome, aux fonctionnalités très avancées. Son allure n’a rien de révolutionnaire, mais avec son bras articulé, il sait tout faire, et avec une précision que les visiteurs du CES ont pu apprécier en direct, sur le stand. Sans surveillance, il peut ouvrir et refermer une porte de cabine, soulever et abaisser la lunette des toilettes, actionner la chasse, récurer les urinoirs ou les cuvettes une fois son bras équipé d’une brosse, rincer les plans de toilette et lavabos aussi bien que les fragiles miroirs, vider les poubelles, laver le sol… sans glisser lorsqu’il est mouillé. Notons que l’environnement, humide, nécessite des composants étanches, afin d’éliminer tout risque de corrosion de l’électronique.
Un concentré de technologie dans une pièce pleine de contraintes
Compact (seulement 40 cm de large), cet appareil se déplace d’un appareil sanitaire à l’autre, y compris dans les espaces exigus, grâce à un système de détection dynamique des obstacles, sans nécessité d’entraînement préalable en réalité virtuelle. Qu’importe la surface à traiter (carrelage, verre, inox, céramique, joints en silicone…) et le type d’équipement, cette machine-outil choisit son itinéraire et parvient à adapter en temps réel sa force, ses gestes.
Dans le respect des normes de propreté et de sécurité, le robot est en mesure d’éviter les contaminations croisées, du point d’eau aux WC par exemple. Outre l’enchaînement tactique des tâches, sa mission suppose qu’il sache distinguer le propre de la saleté, sous toutes ses formes, y compris invisibles (calcaire, traces de savon, moisissures, microbes, virus…). Pour la traiter, les produits chimiques sont remplacés par des jets d’eau combinés à un processus d’électrolyse, plus écologique (et moins coûteux pour l’exploitant). Selon le fabricant, ce robot serait même un champion de la désinfection, assurant une éradication des bactéries de 99 %.
L’hôtellerie, laboratoire d’un futur écosystème de robots ?

Nos environnements étant pensés pour le corps humain, pas étonnant, du point de vue fonctionnel, que les robots copient l’homme. Face aux bouleversements que promet la robotique, ce mimétisme rassure et favorise sans doute aussi son acceptation dans des lieux publics, notamment auprès des personnes âgées. Sur ce marché naissant, l’on a aussi repéré les propositions de l’américain Somatic ainsi que le H1 développé par la jeune entreprise Zerith Robotics (Chine). Sur le même principe de robot à roues semi-humanoïde (au niveau du haut du corps), pensé pour le ménage des chambres et salles de bains, ce modèle (en action, à gauche de la photo d’ouverture), accompagné d’un chariot, gère également le réapprovisionnement des produits de conforts : savon, papier toilette ou encore serviettes… qu’il sait aussi plier.
Quand l’homme et l’IA routinent la machine, corvéable à merci

Depuis que l’IA apprend aux robots à imiter la main de l’homme, leurs compétences augmentent. C’est le pari de la société américaine 1X, qui lance son Neo, un exemplaire bipède aux traits presque enfantins, « aussi proche que possible de l’humain » (photo ci-contre). A vendre 20 000 dollars ou à louer environ 500 euros par mois, il est basé sur une prometteuse interactio
Photos en ouverture : H1 de Zerith Robotics ; Hytron de Primatech AI, exposant au CES 2026.













