La céramique sanitaire Sanindusa a le vent en poupe ! Présente en France depuis une quinzaine d’années, la marque grandit sur le marché, commercialisée par Dissani, dont le PDG est Thierry Pinguenet. Interview.
Sdbpro – Sanindusa est un petit nouveau si l’on considère les grands céramistes européens, souvent centenaires…
Thierry Pinguenet – L’histoire de Sanindusa commence en effet en 1991, avec la création de Indusa de Sanitarios par un groupe de onze personnes qui a rapidement construit une usine à Aveiro, au sud de Porto, pour fabriquer des cuvettes WC. La robinetterie a ensuite été intégrée, grâce à un rachat, puis l’acrylique. Au final, le groupe, détenu aujourd’hui par quatre actionnaires – tous impliqués au niveau opérationnel –, dispose de cinq sites de production : deux dédiés à la céramique sanitaire, un au grès fin (éviers et receveurs de douche), un à l’acrylique et le dernier à la robinetterie, dont la fonderie est sous-traitée à proximité.
Sanindusa fabrique exclusivement au Portugal ?
Thierry Pinguenet – Sanindusa est parmi les derniers fabricants 100 % européens, produisant dans des usines ultra modernes. En 2017, celle de Tocha, fleuron du groupe, a été emportée par un incendie de forêt. Entièrement reconstruite, elle tourne à plein régime aujourd’hui, avec une coulée haute pression, un émaillage robotisé des cuvettes WC, un système de manutention automatisé… et un four d’un peu plus de 130 mètres de long. Sa capacité de production, de 1,2 million de pièces – soit 1,8 million au niveau du groupe –, est déjà insuffisante. Nous avons dû décliner plusieurs marchés en France, des marchés conséquents. Mais l’extension de l’usine est en cours, anticipée dès son inauguration en 2021. D’ici la fin de l’année, au plus tard début 2027, elle sera effective.
Quelques chiffres ?
Thierry Pinguenet – Environ 500 personnes travaillent aujourd’hui pour le groupe, dont le chiffre d’affaires 2025 est de 55 millions d’euros, réalisés à 95 % grâce à la céramique sanitaire. La progression par rapport à l’année précédente est de +10 %. En France, nous clôturons 2025 à 10,5 millions d’euros, obtenus exclusivement avec la céramique, soit une progression de +8 % par rapport à 2024.
Est-ce que vous produisez également des MDD ?
Thierry Pinguenet – Oui, pour environ 20 % de notre chiffre d’affaires.
Dans le contexte actuel, qu’est-ce qui explique de tels résultats ?
Thierry Pinguenet – Les groupes de distribution sont devenus plus sensibles aux questions de RSE. Certains exigent par exemple, pour chaque nouveau fournisseur, une note Ecovadis supérieure à 50. Le fait que Sanindusa fabrique au Portugal, avec des délais de livraison très courts, de quatre à cinq jours ouvrés, et des prix compétitifs, joue en sa faveur, notamment dans le cadre de la prescription. Et après quinze ans de présence sur le marché français, la marque a fait ses preuves : les distributeurs et installateurs sont conscients de la qualité des produits. Enfin, il y a eu des défaillances de la part de certains fabricants, qui nous ont profité, de même que les récents rachats d’entreprises.
Y-a-t-il une volonté de la distribution de sourcer en Europe plutôt qu’en Asie ?
Thierry Pinguenet – La plupart des grands groupes – pas tous – essaient de limiter au maximum l’impact carbone des produits qu’ils vendent. Les fiches FDES assure un tri naturel dans ce domaine, le poids carbone étant déterminé par le lieu de la production, mais aussi par l’origine des matières premières, le transport, etc. Bien sûr, il y a une limite : même avec une démarche RSE solide, si l’on est 10 ou 20 % plus cher que le sourcing asiatique, il n’y aura pas de substitution, c’est évident.
Est-ce que le fait de produire des MDD facilite l’entrée dans les showrooms ?
Thierry Pinguenet – Non, ce n’est pas parce qu’on rentre en MDD chez un distributeur que l’on va avoir la marque ouverte, notamment parce que les interlocuteurs sont différents. C’est plus simple, mais ce n’est pas forcément lié.
Comment envisagez-vous 2026 ?
Thierry Pinguenet – Nous avons récemment signé de nouveaux contrats, donc nous sommes plutôt optimistes. Et nous serons présents à Idéobain 2026.














